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mercredi 24 février 2010

À la Mecque


À la Mecque ils rêvent de géométrie,
par leurs pas tracent des cercles et droites.
Accélèrent, ralentissent, se tiennent debout
sur des points… pour marquer le pas,
et remarquer le lieu.

À la Mecque ils vident les formes des contenus.
Exproprient les vieux demeurants de leur
demeure, pour la consacrer.
Le repère est dépouillé : trou noir,
ou grain de beauté.
Par où la terre regarde le ciel
avec un œil toujours écarquillé.

À la Mecque il y a un autre œil : caché.
Il a pleuré une fois à la vue
d’une mère et son enfant délaissés.
Ses larmes étaient douces et fraîches.
Elles donnaient vie à l’exilée.
Cet œil pleure encore. Mais pour défier de nouvelles
larmes qui jaillissent à côté : noires enflammées.

À la Mecque toutes les étoiles sont filantes.
Pour cela on croit pouvoir espérer.
Ce sont les étoiles déambulantes. Matrones
du hasard. Et signes pour les nomades,
et ceux qui peuvent errer.

Robert Morris, Box with the Sound of its Own Making, 1961

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