Vois, des soleils se couchent sans cesse,
l'ère des ombres s'allonge sur terre
et les paroles se métallisent, sonnent
et s’apprêtent à se taire, dans une lourde paresse
Vois ! Veux-tu ?
Ces vers charognards qui bouffent les langues mortes
ils fêtent la dernière messe d'un dieu
quittant la demeure et s'envolant
en bulle planétaire
Vois !
Tu vois toujours ?
On compte sur l'autre pour nous faire croître
et nous ouvrir un horizon, à compter encore...
Mais vois-tu, les nombres ne suffisent plus
pour que le ciel se redresse ;
ou qu'enfante une mère...
Vois !
Tu n'auras que tes yeux pour pleurer
C.D. Friedrich, Paysage nocturne avec deux hommes
mardi 7 février 2012
lundi 7 mars 2011
Sables mouvements (Aranéologie)
Le vent se lève, rumeur révolutionnaire
Fait trembler les toiles
Des araignées sym-pathiques
Viennent à vitesse de rêve, lysent les tyrans
marchent sur (les lettres) capitales
les engloutissent dans les sables mouvants
dans une langue électrique
cris cris cris s’écrient et se propagent
« le peuple veut… » qu’on aime ; qu’on partage
et le peuple nait, acte de texte
pond ses auteurs
en aval
le désert, ça marche désormais !
et jaillissent de lui nouvelles terres
que nous pourrons cultiver
mais
déjà arrosées de sang et limitées
de témoins trépassés
Fait trembler les toiles
Des araignées sym-pathiques
Viennent à vitesse de rêve, lysent les tyrans
marchent sur (les lettres) capitales
les engloutissent dans les sables mouvants
dans une langue électrique
cris cris cris s’écrient et se propagent
« le peuple veut… » qu’on aime ; qu’on partage
et le peuple nait, acte de texte
pond ses auteurs
en aval
le désert, ça marche désormais !
et jaillissent de lui nouvelles terres
que nous pourrons cultiver
mais
déjà arrosées de sang et limitées
de témoins trépassés
mercredi 26 janvier 2011
Silence urbain
Entre moi et les autres, une scène
qui coule au rythme des coureurs :
deux merles à la recherche de vers
à l’heure des cloches.
Pas de chien ; une aiguille de secondes
ou battement d’un cœur lointain
d’une belle créature
Deux tours s’apprêtent à se reposer,
après longue érection.
Les arbres bavardent en chuchotant
les secrets des passants et des oiseaux
citadins poursuivant les drapeaux
flottants
Solitude dans la place :
devant…
les visages grimacent
une machinale voix annonce
les stations : des noms propres
mémoires accidentées
Mais indifférents les secours passent
Regards vides qui s’évitent,
des aimants renversés
A. Sadallah, Border2, 2011
qui coule au rythme des coureurs :
deux merles à la recherche de vers
à l’heure des cloches.
Pas de chien ; une aiguille de secondes
ou battement d’un cœur lointain
d’une belle créature
Deux tours s’apprêtent à se reposer,
après longue érection.
Les arbres bavardent en chuchotant
les secrets des passants et des oiseaux
citadins poursuivant les drapeaux
flottants
Solitude dans la place :
devant…
les visages grimacent
une machinale voix annonce
les stations : des noms propres
mémoires accidentées
Mais indifférents les secours passent
Regards vides qui s’évitent,
des aimants renversés
A. Sadallah, Border2, 2011
Perversion transcendantale
Au pied de la lettre,
il se jette pour lécher l'encre
qui coule
et crie de joie à chaque coup de
parole
de sa langue maternelle
qui insensée
exhibant ses mots intimes.
Et devant l'éternel
retour des rimes, et des
accords.
Il commet des crimes, et
défait genres et nombres.
détache les rapports;
ou les rejoue autrement
copulant en orgie
des phrases sombres;
demeures: des vers où gient
Cadavres
pour ces nécrophiles ombres.
Il lit, réécrit,
et suce le bout des signes.
Meurt
et renait,
Comme par magie
du bord des lignes
Acariens
il se jette pour lécher l'encre
qui coule
et crie de joie à chaque coup de
parole
de sa langue maternelle
qui insensée
exhibant ses mots intimes.
Et devant l'éternel
retour des rimes, et des
accords.
Il commet des crimes, et
défait genres et nombres.
détache les rapports;
ou les rejoue autrement
copulant en orgie
des phrases sombres;
demeures: des vers où gient
Cadavres
pour ces nécrophiles ombres.
Il lit, réécrit,
et suce le bout des signes.
Meurt
et renait,
Comme par magie
du bord des lignes
Acariens
Blanche cruauté
Trancher la gorge du temps
Le laisser s'évider de son flux
Et prier pour son absence
en infinitif
Comment quitter le monde
sans dire adieu
aucune parole
Mais en éclats d'un rire
définitif?
pour imiter son agonie
à titre de complaisance,
Je sans verbe
mais en première instance
Frontispice du livre de Hobbes, Le Leviathan
Le laisser s'évider de son flux
Et prier pour son absence
en infinitif
Comment quitter le monde
sans dire adieu
aucune parole
Mais en éclats d'un rire
définitif?
pour imiter son agonie
à titre de complaisance,
Je sans verbe
mais en première instance
Frontispice du livre de Hobbes, Le Leviathan
Les sauterelles
(à la mémoire de Moustafa Safouan)
nuage
vient pour abstraire
vient pour dénuder
vient pour
qui ?
et je parle comme parlent les sauterelles
en théorie
o..... e.......l.......s.......e..... t..... e
n..... i...... a...... a...... n...... u......n
....... c...... ....... b..... ....... a........
....... s...... l....... ....... h...... h......b
....... ....... a...... e......a...... ....... a
....... ....... n...... d......u...... e......s
....... ....... g...... ....... t...... d.......
....... ....... u...............................
....... ....... e..............................
des plans des cadres et des nymphes rasant la surface des lettres
laissent une encre qui flotte
et j’écris comme écrivent les sauterelles
en défoliant
on dégage un espace pour l’arrivée des images
on chauffe les peaux pour les battre
et donner le son
aux rythmes des pages qui s’exterminent
des troupes arrivent encore
affamées et orgiaques
et je chante comme chantent les sauterelles
en élytres
les futurs surgiront de la terre
larves aveugles
mais
en
sûr
devenir
et je vis comme vivent les sauterelles
en mue
quelques unes donnent abdomen et thorax
on construit des ponts
on traverse sur leur fin
la reportant au monde
des bonds
de l’apocalypse
et je meurs comme meurent les sauterelles
en infini
mouvements
réflexes
et ça sèche
avant de se disperser
en nuage après la pluie
Schwarm Wanderheuschrecke, 1884
nuage
vient pour abstraire
vient pour dénuder
vient pour
qui ?
et je parle comme parlent les sauterelles
en théorie
o..... e.......l.......s.......e..... t..... e
n..... i...... a...... a...... n...... u......n
....... c...... ....... b..... ....... a........
....... s...... l....... ....... h...... h......b
....... ....... a...... e......a...... ....... a
....... ....... n...... d......u...... e......s
....... ....... g...... ....... t...... d.......
....... ....... u...............................
....... ....... e..............................
des plans des cadres et des nymphes rasant la surface des lettres
laissent une encre qui flotte
et j’écris comme écrivent les sauterelles
en défoliant
on dégage un espace pour l’arrivée des images
on chauffe les peaux pour les battre
et donner le son
aux rythmes des pages qui s’exterminent
des troupes arrivent encore
affamées et orgiaques
et je chante comme chantent les sauterelles
en élytres
les futurs surgiront de la terre
larves aveugles
mais
en
sûr
devenir
et je vis comme vivent les sauterelles
en mue
quelques unes donnent abdomen et thorax
on construit des ponts
on traverse sur leur fin
la reportant au monde
des bonds
de l’apocalypse
et je meurs comme meurent les sauterelles
en infini
mouvements
réflexes
et ça sèche
avant de se disperser
en nuage après la pluie
Schwarm Wanderheuschrecke, 1884
lundi 15 mars 2010
Sois sans mains
N’entre pas dans le rêve
Reste au seuil
Ne comprends pas le monde
Regarde-le
Avec des yeux aveugles
Sans prothèses avance
À chaque pas affronte l’abîme
Sans crier au secours
Ecoute les ordres
Ne les suis pas
Sois sans mains
Quand tu approches le feu
Et les soleils intérieurs
Reste là
Poussière d’organes
Fais patienter l’injonction
* * *
Main tenant les re stes
d’un
pré sent une petite fi lle
en toi
qui mar che avec …é
moi
àtra vers les nuits
fines
de la
feui lle restan te a
près la le vée du voi
le de la
nu ée
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